Kuujjuaq : espace de rencontres et d’échanges

Photo : courtoisie. De gauche à droite : Jonathan, Alexis, Marianna, Marilyne, Nicolas et Marion.

En juin 2017, Marilyne et Jonathan, un jeune couple originaire de Québec, ont voulu rencontrer Mission chez nous avant d’entamer une grande aventure. À la suite d’un appel intérieur profond, ils se préparaient à partir en mission avec leurs deux enfants à Kuujjuaq. Nous n’avons pas tardé à leur offrir notre appui.

Partager une expérience

Aussi, ils n’ont pas hésité à accepter notre demande, et nous les en remercions grandement  : celle de bien vouloir partager à l’occasion avec nos lecteurs et lectrices leur expérience concrète durant leur séjour à Kuujjuaq : adaptation, insertion dans la communauté, difficultés, élans, découvertes, rencontres, solidarités, etc. Aujourd’hui, nous sommes donc très excités de publier de leurs nouvelles.

Soutenir leur engagement

Nous vous encourageons donc à revenir de temps en temps sur notre site Web pour prendre de leurs nouvelles. Ils seront très heureux de lire vos commentaires au bas de la page. Aussi, n’hésitez pas à leur manifester votre soutien et votre solidarité.

Leur troisième lettre nous livre leur réflexion après avoir vécu près de 10 mois à Kuujjuaq. La voici donc.

Kuujjuaq, le 4 juin 2018

Depuis notre dernière lettre, bien des choses se sont déroulées, ici à la Mission de Kuujjuaq. Pendant qu’au Sud, le printemps a déjà des airs d’été, par chez nous, nous avons toujours un pied dans l’hiver (parfois, nous avons même l’impression d’en avoir deux !!) Encore aujourd’hui, nous avons eu droit à de jolis flocons de neige. Une fois de plus, nos repères sont bousculés !

Aujourd’hui, nous aimerions vous faire part d’un projet qui nous anime particulièrement. Depuis janvier, nous accueillons des étudiants et des professeurs universitaires qui viennent au Nunavik dans le cadre de leurs projets d’études ou projets de recherche. Lors de ses études universitaires, Jonathan avait passé un mois dans différentes communautés du Nunavik (Kuujjuaq, Salluit et Kangiqsujuaq) et il avait été à même de constater qu’une nuit à l’hôtel représentait une somme très élevée ! En 2018, la situation n’a pas changé et, à Kuujjuaq, pour des personnes de passage ayant des budgets limités, avoir accès à un logement abordable représente un réel besoin. Besoin auquel nous pouvons apporter notre humble contribution du fait que la maison de la mission comporte plusieurs chambres. De plus, nous sommes restés en lien avec différents réseaux universitaires impliqués dans des projets nordiques : Centre d’études nordiques (CEN), Centre interuniversitaire d’études et de recherche autochtones (CIÉRA), Chaire de recherche sur le développement du Nord de l’Université Laval ainsi que l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

Au-delà du besoin, ouvrir les portes de la maison de la mission pour un tel projet d’hospitalité nous anime profondément et nous fait renouer avec une pratique qui fait partie de la mission ici depuis ses débuts. Le sociologue et anthropologue Bernard Saladin d’Anglure note ceci dans la préface du livre Sanaaq, parue en 1969 : « J’avais rencontré le père Lechat en janvier 1956, lors de mon premier séjour dans l’Arctique québécois. C’est lui qui m’accueillit à Kuujjuaq, m’offrit l’hospitalité à la mission […]. » En ouvrant ainsi les portes, la maison devient un espace de rencontres et d’échanges avec des personnes venant de différents horizons et portant différents projets.

Depuis janvier, il y en a eu des gens qui sont passés à la mission ! Nous avons, entre autres, accueilli une équipe de chercheures provenant d’Europe (Allemagne et France) qui travaillaient sur la question alimentaire en contexte nordique. L’étudiante qui les accompagnait est revenue un mois à la mission afin de compléter son terrain de recherche à Kuujjuaq. À la mi-mai, nous avons accueillis une étudiante brésilienne qui était de passage ici afin de participer à la rencontre trisannuelle du Nunavik Nutrition and Health Committee et d’y présenter ses résultats de recherche sur la question des sources alimentaires d’exposition au mercure chez les femmes enceintes. Vous pouvez d’ailleurs voir ces deux étudiantes, Marion et Marianna, en compagnie de notre famille lors d’un souper à la maison (photo ci-haut).

Vous le comprenez, tout cela est bien stimulant, et pour toute la famille ! Ces rencontres nourrissent la réflexion, élargissent nos perspectives et nous permettent de mieux comprendre le milieu que nous habitons. Elles nous mettent aussi en réseau et tissent des liens d’amitié.

Il importe également de souligner que l’hébergement que nous offrons entraîne quelques entrées monétaires supplémentaires. Les montants ainsi recueillis permettent de financer d’autres projets, tels que la réfection de la grande salle communautaire qui a été fait en mai dernier. Dans cette salle toute rafraîchie, deux événements significatifs ont eu lieu : le lancement du deuxième livre de Raymonde Haché (Témoins audacieux et peu frileux au Nunavik) et notre spectacle de chorale de fin d’année. Nous vous reparlerons de tout cela bientôt.

Il fait peut-être froid à Kuujjuaq, mais il y a de la vie !

Salutations,

Marilyne, Jonathan, Alexis et Nicolas

Bonne continuation, Marilyne, Jonathan, Alexis et Nicolas ! Nous pensons à vous. En toute solidarité.

3 Comments

  1. Je ne sens que de la chaleur dans ce que vous vivez!!!!

    Belle belle famille que vous êtes Jonathan,Marilyne,Alexis,Nicolas.

    Gros câlins à vous tous xxx

  2. Bonjour Marilyne et Jonathan! Je suis heureuse d’avoir lu votre dernière lettre. Accueillir des gens à votre demeure semble stimulant. Pensées pour vous de Sherbrooke! Je vous embrasse, Andrée-Anne

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