Kuujjuaq : une communauté en mouvement

En juin 2017, Marilyne et Jonathan, un jeune couple originaire de Québec, ont voulu rencontrer Mission chez nous avant d’entamer une grande aventure. À la suite d’un appel intérieur profond, ils se préparaient à partir en mission avec leurs deux enfants à Kuujjuaq. Nous n’avons pas tardé à leur offrir notre appui.

Partager une expérience

Aussi, ils n’ont pas hésité à accepter notre demande, et nous les en remercions grandement  : celle de bien vouloir partager à l’occasion avec nos lecteurs et lectrices leur expérience concrète durant leur séjour à Kuujjuaq : adaptation, insertion dans la communauté, difficultés, élans, découvertes, rencontres, solidarités, etc. Aujourd’hui, nous sommes donc très excités de publier de leurs nouvelles.

Soutenir leur engagement

Nous vous encourageons donc à revenir de temps en temps sur notre site Web pour prendre de leurs nouvelles. Ils seront très heureux de lire vos commentaires au bas de la page. Aussi, n’hésitez pas à leur manifester votre soutien et votre solidarité.

Leur cinquième lettre nous livre leur réflexion après avoir vécu près de deux ans à Kuujjuaq. La voici donc.

Kuujjuaq, 1er juillet 2019

Bonjour à vous, chers lecteurs et lectrices !

Voilà déjà un an que nous avons partagé avec vous quelques nouvelles de notre vie à la Mission de Kuujjuaq. Comme vous vous en doutez, ce long silence parle de lui-même d’une année bien mouvementée, marquée par toutes sortes de projets, de nouveaux défis…

D’entrée de jeu, disons simplement que cette deuxième année à la Mission fut très différente de la première, qui avait été sous le signe de l’adaptation et des premières découvertes. Dès notre retour de vacances, nous avons senti comme un nouvel embrayage, du point de vue de nos enfants d’abord. Alexis et Nicolas avaient créé de nouvelles amitiés avec les voisins et d’autres enfants du village. Considérant l’importance des relations avec les amis pour eux, cela a marqué un tournant dans leur vie à Kuujjuaq et, du coup, dans la vie de toute notre famille.

Une autre différence est arrivée avec le changement d’emploi de Jonathan, engagé comme enseignant à l’école secondaire Jannimarik auprès des élèves de première secondaire. Cette expérience d’enseignement, pleine de défis, fut très stimulante pour lui. Il reprendra d’ailleurs son poste au mois d’août prochain.

Sur un autre plan, une troisième différence fut liée à la grande mobilité des personnes dans le village. Nous savions que la réalité du village était fortement marquée par le va-et-vient des travailleurs venus du Sud et nous avons expérimenté cette réalité cette année. Au mois d’août dernier, notre communauté vivait le départ de quatre familles, toutes très engagées au sein de la vie communautaire. Un peu plus tard dans l’année, un ancien de la communauté quittait Kuujjuaq, où il habitait depuis 13 ans, pour retourner vivre auprès de sa famille. Ces départs, il est vrai, nous affectent; chaque personne, chaque famille est irremplaçable. Ainsi, nécessairement, nous ressentons le vide laissé par leur absence. Mais l’arrivée de nouvelles personnes dans la communauté crée du neuf; avec leur charisme et leur enthousiasme, ils contribuent à enrichir la vie communautaire. La vie continue : nous découvrons que les liens tissés avec ceux qui sont partis demeurent vivants, et que de nouvelles relations ne cessent de se nouer. Nous touchons là le mouvement dynamique d’une communauté, qui se déploie à la fois dans le changement et la continuité. Nous réalisons mieux à quel point nous nous inscrivons dans une présence continue de la Mission catholique à Kuujjuaq, depuis 1948, malgré tous les mouvements importants qui l’ont traversée.

Cette deuxième année fut aussi marquée par l’accomplissement de plusieurs chantiers! Ainsi, à l’automne, d’importants travaux ont été effectués dans la Maison de la Mission : changement de toutes les fenêtres et des portes, rénovation de la cuisine, peinture du salon et de la salle à manger… Du côté du bâtiment de l’église, en juin, des travaux de drainage ont été effectués tout autour de celui-ci, lesquels régleront en majeure partie un problème qui menaçait de nous obliger à reprendre les travaux de rénovation de l’église effectués il y a 2 ans. Aussi, en décembre, nous avons terminé le désencombrement de la salle d’artisanat, et nous l’avons également peinturée. Cette pièce existait depuis longtemps à la Mission : des groupes de femmes s’y réunissaient pour y faire de l’artisanat en vue d’un bazar qu’elles organisent avant Noël chaque année. Avec le temps, cette pièce était devenue encombrée et inutilisable pour de tels projets. Aujourd’hui, la salle accueille deux métiers à tisser! Présentement, une quinzaine de personnes s’exercent à ce savoir-faire. Un groupe a même vu le jour : les tisserands de Kuujjuaq. Notons au passage que ce projet ne cesse d’attirer de nouvelles personnes. C’est très stimulant!

Tout ce mouvement de rajeunissement de la Mission stimule la communauté, qui est vraiment motivée à aller de l’avant dans ce processus de rafraîchissement. Nous y voyons là un signe manifeste du sentiment d’appartenance à la communauté vécu par ses membres. Avec le Comité de Mission et d’autres personnes de la communauté, nous sommes en train de planifier des travaux d’isolation du bâtiment de l’église et de rénovation de la chapelle. L’année 2019-2020 se poursuivra donc sur cette lancée, pleine de réalisations prometteuses…

Il faut considérer tous ces changements en les situant dans le cadre d’une communauté vivante qui retrouve et assume sa propre histoire, mais qui s’inscrit néanmoins dans le mouvement présent d’une liberté créatrice.

Bon été à vous et à bientôt !

Marilyne

Bonne continuation, Marilyne, Jonathan, Alexis et Nicolas ! Nous pensons à vous. En toute solidarité.

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