Kuujuaq

par Raymonde Haché | avril 2013

Vous présenter le village de Kuujjuaq en peu de mots m’oblige presque à mettre de côté les beautés et la richesse de ce que j’y ai vécu. J’espère que vous aurez la soif et le désir de vous en informer davantage et peut-être de vous y rendre un jour. À 50 km en amont de la baie d’Ungava vivent 2132 Inuits, quelques Naskapis et des non-autochtones dans cette communauté du Nunavik. Autrefois connu sous le nom de Fort Chimo, ce village est situé sur la rive ouest de la rivière Koksoak.

Dans les années 1866, les Inuits, les Innus et les Naskapis venaient échanger des fourrures au poste de la Compagnie de la Baie d’Hudson. De nos jours, les Innus et les Naskapis sont partis dans la région de Schefferville. Seuls les Inuits et quelques Naskapis y sont demeurés.

Après la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975, de nouveaux services ont été offerts aux Inuits afin d’assurer un meilleur développement. Présentement, on y retrouve de nombreux non-autochtones venant de toutes les régions du monde en vue d’assurer des services à la population : enseignement, régie de la santé, sécurité, aéroport, menuiserie, plomberie, électricité, et j’en passe.

Sur le plan religieux, les Inuits de Kuujjuaq sont anglicans. Un pasteur inuit, Iola Meetuq, y assure le service pastoral. Les célébrations sont généralement dans leur langue, l’inuktitut.

La mission catholique assure une présence pastorale en français et en anglais pour tous ceux qui désirent venir prier, quelle que soit leur religion. Chaque mois, dans la mesure du possible, un oblat de Marie Immaculée, le père Jules Dion, voyage de Kangirsujuaq à Kuujjuaq afin d’y assurer un ministère pastoral. De 2006 à 2010, j’ai été responsable de la mission Notre-Dame-de-Fatima. Jusqu’en janvier 2013, comme il n’y avait pas d’agent de pastorale, j’ai assuré de brefs séjours à Kuujjuaq.

Les médias nous présentent souvent un visage sombre du Nunavik. Comme partout ailleurs, parfois de gros problèmes surgissent, souvent reliés à la boisson, à la drogue et à la violence.

Dans le quotidien, les Inuits sont accueillants et toujours prêts à nous aider. Voici un événement qui m’a fait réfléchir. Je me suis rendu compte que les gens sont désireux de nous voir heureux parmi eux. Un jour, je faisais brûler à l’extérieur de la ouate imbibée des saintes huiles. Comme il faisait froid, je suis allée me chercher un chandail. En sortant et en l’espace d’une minute, j’ai vu une dizaine d’adolescents rassemblés autour de mon petit feu. Ils m’ont dit que je n’avais pas le droit d’allumer un feu dans le village, et ils avaient raison. Après quelques minutes, quand tout fut éteint, les jeunes sont partis. Pour moi, ce fut une belle expérience. Je ne savais pas d’où ils venaient, mais je me suis rendue compte qu’ils m’avaient à l’œil et que si j’étais mal prise, ils étaient prêts à me secourir.

Lors de mon dernier séjour en janvier 2013, j’avais reçu un arbre de Noël. La boîte était pesante et j’avais de la difficulté à la déplacer. Deux jeunes gens me voient et arrêtent leur auto, en me demandant s’ils pouvaient m’aider. Ouf! j’étais tellement contente. En peu de temps, ils ont entré la boîte à l’intérieur de la salle communautaire, je les ai remerciés et ils ont continué leur route. Ce sont de petits événements qui jamais ne feront la manchette des journaux, mais ces délicatesses rendent la vie plus agréable.

En janvier 2013, Robert Larouche et son épouse Judith Elliot ont été mandatés par Mgr Gilles Lemay, évêque du diocèse d’Amos comme coordonnateurs de la pastorale et responsables de la mission Notre-Dame-de-Fatima. À la suite d’une conversation téléphonique, Robert m’a dit qu’ils « aimaient ça bien gros. Demain, ajoute-t-il, j’attends trois familles avec plusieurs enfants ». De plus, Robert essaie de subvenir à une partie de leurs besoins en étant gardien à l’hôpital et à la prison. Le travail consiste à aider des jeunes qui ont de grandes difficultés.

Et voilà, je vous reviendrai dans un événement unique que nous vivons le jour de Noël, le « Candy Drop ».

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