Le cercle sacré

« Vous avez remarqué que toute chose faite par un Indien est dans un cercle, il en est ainsi parce que le pouvoir de l’Univers agit selon des cercles et que toute chose tend à être ronde. Dans l’ancien temps, lorsque nous étions un peuple fort et heureux, toute notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et tant qu’il ne fut pas brisé, notre peuple a prospéré. L’arbre florissant était le centre vivant du cercle et le cercle des quatre quartiers le nourrissait. L’est donnait la paix et la lumière, le sud donnait la chaleur, l’ouest donnait la pluie et le nord, par ses vents froids et puissants, donnait force et endurance. Cette connaissance nous vint de l’outre-monde avec notre religion. Tout ce que fait le pouvoir de l’Univers se fait dans un cercle. Le Ciel est rond et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Le vent, au sommet de sa fureur, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu’ils ont la même religion que nous. Le soleil s’élève et redescend dans un cercle. La lune fait de même et tous deux sont ronds.

Même les saisons forment un grand cercle dans leurs changements et reviennent toujours où elles étaient. La vie de l’homme est dans un cercle de l’enfance jusqu’à l’enfance et ainsi en est-il pour chaque chose où le pouvoir se meut. Nos tipis étaient ronds comme les nids des oiseaux et toujours disposés en cercle, le cercle de la nation, le nid de nombreux nids où le Grand Esprit nous destinait à couver nos enfants. » – Black Elk (cité dans Pieds nus sur la terre sacrée)

Chez les autochtones, le cercle sacré (ou cercle d’influences) explique comment toute vie est interdépendante et fait partie d’un cercle infini. Pour nous aider à en saisir l’essence, nous avons fait appel à une œuvre d’un artiste de Québec, Ghislain Bédard : le mandala À toutes mes relations (2010), inspiré de la spiritualité et de la culture autochtones.

« La spiritualité amérindienne est un trésor de sagesse. Elle invite à envisager toutes nos relations avec révérence : avec nous-mêmes, avec tous les vivants et la nature entière et avec le Grand Mystère. Elle propose le respect de la Terre qui nous a vus naître et continue de nous donner généreusement nourriture, beauté et paix; et du cosmos, source de sagesse, qui suscite l’émerveillement et nous enseigne l’humilité et l’interdépendance de tous les êtres. Dans ce cercle sacré, les notions d’égalité, de mutualité et de respect sont fondamentales.

Voici quelques éléments qui composent ce mandala :

  • Au centre apparaît la tortue, qui représente la Terre-mère (dimension féminine), la mère de tous les humains : ceux-ci sont nés en son sein, sont nourris par elle et y retournent à leur mort. Elle est en lien avec l’aigle, au haut du mandala, manifestation du Grand Esprit ou du Grand Mystère (dimension masculine), qui a créé le monde et en est le guide et l’âme;
  • Ensuite, on peut voir le cycle du jour et des astres – Soleil et Lune – qui rythment les activités; il est entouré d’un motif inspiré du wampum, cette ceinture ou corde utilisée par les Amérindiens comme objet rituel ou religieux, qui montre le caractère sacré de toute chose;
  • Puis vient le cercle des vivants : y défilent l’homme et la femme, les animaux et les plantes (les trois sœurs : courge, maïs et haricot, et la canneberge). Ils font partie du même cercle, y sont tous égaux;
  • Le dernier cercle illustre le cycle des saisons, dont les branches des diverses essences d’arbres marquent l’évolution dans l’année; elles représentent aussi les étapes de la vie humaine : enfance, maturité, vieillesse et passage vers un autre monde;
  • Enfin, on peut observer les quatre points cardinaux qui, pour les Amé­rindiens, sont associés chacun à un des éléments et à une des saisons : l’eau à l’est et au printemps, le feu au sud et à l’été, la terre à l’ouest et à l’automne, l’air (représenté par l’aigle) au nord et à l’hiver. » (www.ghislainbedard.com)