Les croyances et valeurs

On trouve chez toutes les nations amérindiennes
une nature enchantée par une multitude de forces spirituelles
que chaque nation a apprivoisé à sa manière,
reconnaissant toujours la primauté du Grand Esprit
à l’origine de toutes choses.

– Jean-Marie Pelt, Nature et spiritualité

En tant qu’Occidentaux issus de la tradition chrétienne, nous ne pouvons que nous incliner devant cette grande sagesse qui mise sur les relations entre chaque être et l’interdépendance de toutes choses, et regretter que l’on ait si peu écouté ce que les Amérindiens avaient à nous enseigner au cours de l’histoire. Leur tradition spirituelle rejoint, sur bien des plans, les grands fondements de la tradition chrétienne. Toutes deux ne s’opposent pas et pourraient, en dépassant la méfiance, s’apporter l’une à l’autre.

Parmi les croyances et les valeurs de la spiritualité autochtone, nous pouvons souligner celles-ci:

  • L’existence d’un Dieu unique, spirituel, tout-puissant, créateur du ciel et de la terre; un Dieu d’une grande sagesse, que l’on nomme parfois Grand Esprit ou Grand Mystère.
  • Une conscience profonde du sacré. Tout vient du Grand Esprit, tout a en son sein une sorte de souffle ou d’âme.
  • Un grand respect pour la nature et une relation très intime avec la Terre, envisagée comme un être vivant (Terre mère). On peut comprendre la spiritualité autochtone à partir du concept de « relation », peut-être même davantage d’« interrelation », c’est-à-dire des relations mutuelles entre les êtres. Ce concept holistique recouvre non seulement la vie humaine mais aussi la vie de l’univers et de toutes choses qu’il contient, qu’elles soient animées ou non. Bref, toutes les facettes de la création sont interreliées et en harmonie les unes avec les autres. Tout est lié par le cercle de la vie.
  • L’autochtone fait partie de la création : il est en elle, non au-dessus ou à l’extérieur d’elle. La respecter, c’est se respecter soi-même. D’où l’importance de l’écologie, de la communauté (tous sont en lien les uns avec les autres), du partage, de l’humilité vis-à-vis de ce grand ensemble.
  • Une haute appréciation de l’hospitalité vue comme une des grandes vertus.
  • La révérence pour les parents, le soutien et le respect des Anciens. Dans une culture orale, ce sont eux qui en savent le plus. Ils sont porteurs d’une grande sagesse.
  • La fraternité universelle, l’égalité des personnes, la paix avec toutes les personnes et tous les autres éléments de la création : c’est le groupe qui compte.
  • Un grand respect pour les défunts, une croyance en la communication avec eux. Leurs esprits peuvent nous aider ou nous nuire. Les autochtones croient en l’immortalité de l’âme, au pouvoir de la prière et à une vie éternelle.

Bien sûr, tous les Amérindiens ne mettent pas en pratique la richesse de leur « sentier de beauté », qu’ils redécouvrent eux-mêmes de plus en plus en revenant à leurs racines, comme tous les chrétiens ne vivent pas selon les idéaux de leur propre tradition. Mais, en apprenant l’écoute et le respect mutuels, nos routes pourraient converger : l’heure est à la réconciliation, au pardon, à l’amitié et à la fraternité. De même, en tant que tradition millénaire, les Amérindiens auraient beaucoup à enseigner à nos sociétés occidentales pour les aider à forger les bases d’une véritable éthique environnementale planétaire et, à l’opposé du matérialisme et de l’économisme omniprésents, d’une manière de vivre et d’une vision de la vie qui font place au Grand Mystère.