Les « objets » sacrés

Avant de parler de choses sacrées,
nous nous préparons nous-mêmes par des offrandes…
l’un de nous remplira son calumet et le tendra à l’autre qui l’allumera
et l’offrira au ciel et à la terre… ils fumeront ensemble…
Alors, ils seront prêts à parler.

– Mato-Kuwapi, un Sioux Santee Yanktonai (cité dans Pieds nus sur la terre sacrée)

« Toutes les cérémonies rituelles autochtones s’accompagnent d’objets sacrés. Parmi eux, il y a d’abord des plantes, comme le foin d’odeur, le tabac, la sauge et le cèdre, avec lesquelles on pratique, en les brûlant, le rite d’aspersion de la fumée : c’est là un geste spirituel, une offrande au Créateur visant la purification du corps et de l’âme des participants, puis celle des quatre directions. Il y a aussi, par exemple, des plumes d’aigles ornant les coiffures d’apparat, indiquant manifestement la solennité de l’événement. Rappelons que l’aigle lui-même représente un messager du Grand Esprit, et ses plumes sont souvent un aspect ou l’autre du monde des esprits.

« En accompagnement des prières, des danses et des chants généralement effectués dans un cercle sacré, on trouve principalement le tambour rappelant le battement de cœur de Terre-Mère […]; le hochet, qui invoque l’Esprit de la vie et les esprits des quatre directions et qui nettoie l’énergie; le bâton de parole, qui permet à la personne qui le tient de s’exprimer, puis de le passer au suivant une fois qu’elle a terminé son propos; des cornes, des griffes, des pièces de bois, des coquillages et des pierres; le feu sacré et l’eau sacrée, qui jouent un rôle de purification et de renaissance. Tous ces éléments, empruntés à la nature ou fabriqués par la main de l’homme, forment l’essentiel des objets sacrés. Il n’y a ici ni cathédrale ni temples ni églises : rien d’autre que ce qu’offrent certains « lieux saints » ou « sanctuaires » de la nature. » (Jacques Languirand et Jean Proulx, L’héritage spirituel amérindien)