Les rituels et cérémonies

Les rituels sacrés sont destinés à maintenir
un équilibre harmonieux entre les courants énergétique
du Soleil, de la Lune, de la Terre et de tout l’univers.

– Dhyani Ywahoo, Sagesse amérindienne

Les différentes traditions spirituelles autochtones sont liées au développement spirituel et personnel, à la compréhension du Grand Esprit (dimension masculine de Dieu, le Créateur) et de la Terre mère (dimension féminine de Dieu, la mère nourricière), à l’appréciation de la nature, de la vie et de l’environnement. Comme ces traditions sont transmises oralement, le chaman agit à titre de gardien de la connaissance. Par le rituel ou la cérémonie, les autochtones expriment la noblesse et la dignité des gestes de la vie ordinaire, qui sont parfois menacés par l’oubli de ce qui est essentiel et l’usure du temps. Ces rites font office de mémoire de la source originelle ou de l’essence de tout acte. Ils manifestent le désir de rétablir le lien entre toutes les choses, et aussi avec les Ancêtres, de passer du chaos à l’ordre, de mourir pour renaître, de se purifier, de se guérir… pour retrouver l’harmonie autant intérieure qu’extérieure.

Parmi quelques rituels ou cérémonies par lesquels les autochtones expriment leur croyances, on peut retenir les cérémonies d’action de grâce, qui se font de façon individuelle ou collective. À part soi, on remercie chaque jour le Grand Esprit pour tout ce qui vit. Au cours des cérémonies de groupe, on remercie l’esprit des plantes et des animaux qui ont permis qu’on les utilise pour se nourrir ou fabriquer ce dont on a besoin. Au cours de ces rituels, on fait parfois appel aux six différentes directions – les points cardinaux, le haut ou le bas – qui ont chacune leur signification.

  • Le haut : le Créateur, le don de la vie, des relations, de la création, de la réconciliation;
  • Le bas : la Terre mère, la subsistance, le respect pour la création et le pardon pour les abus écologiques;
  • L’est : le lever du soleil, le printemps, la vie nouvelle, les nouveaux commencements, l’illumination;
  • Le sud : la chaleur, l’été, la croissance, l’alimentation, la bénédiction;
  • L’ouest : le coucher du soleil, l’automne, la pluie, la fin, les ancêtres, le monde de l’au-delà;
  • Le nord : la nuit, l’hiver, le froid, la survivance, la pureté, la sagesse, les dons.

Il existe aussi plusieurs autres cérémonies, qui vont de celles de la tente branlante (shaking tent) ou des herbes sacrées, pour la purification et la prière, au rituel de la pipe sacrée (calumet), sorte d’autel portable gardé précieusement par l’homme-médecine, où on se réunit en cercle. L’aspersion de la fumée qui en émerge, mêlée au souffle de ceux qui l’utilisent, devient une offrande aux esprits des différentes directions et au Grand Esprit. Dans cet autre rituel de purification, le cercle devient le centre du monde et le lieu du souffle même de Dieu. Enfin, parmi les autres cérémonies les plus répandues, on trouve celle de la hutte à sudation (sweat lodge), sorte de cérémonie de mort et de renaissance, de rituel de purification et de guérison, qui permet aux participants de rétablir « leur lien vital avec le Grand Esprit, eux-mêmes, les autres humains et tous les autres êtres vivants de l’univers » (Achiel Peelman, Le Christ est amérindien). Enfin, la cérémonie du Cercle d’influences (medicine wheel) se réfère à une méthode d’enseignement de la sagesse des anciens.