Le legs d’Eva

Le roman Le legs d’Eva de l’auteur Waubgeshig Rice (Éditions David, 2017), journaliste vidéo de CBC News, est « porteur d’espoir, mais fait aussi état de grandes noirceurs », nous dit la chroniqueuse Anne Michaud, qui parle du livre lors de l’émission radio Les matins d’ici à Ici première (5 juin 2017). Cette traduction du roman original Legacy (2014) nous ouvre les yeux sur certaines réalités très dures vécues par les jeunes générations et les femmes des communautés autochtones encore aujourd’hui :

« Elle regarda autour et remarqua qu’ils étaient au fond de la ruelle. Dehors, dans la rue, la lueur des réverbères peignait la neige fraîche d’un orange de cantaloup. C’était à une certaine distance et elle ne se rappelait pas être venue si loin. Elle tourna son regard vers Mark et vit seulement la faible lueur orange sur le côté gauche de son visage. Soudain, elle sentit sa bouche ouverte, mouillée autour de la sienne, tandis que Mark lui écrasait le dos contre le mur. Sa force lui coupa le souffle et elle ne pouvait pas respirer. Elle ne pouvait pas crier, et elle se débattait pour mettre ses bras entre eux quand elle le sentit fourrer sa main entre ses jambes. Son cœur battait à tout rompre et la panique la reprit. Mais c’était une panique beaucoup plus intense et épouvantable.

Son instinct la fit lui donner un coup de genou dans les couilles. C’était le coup le plus fort qu’elle ait jamais donné. […]
Fucking indienne! cria-t-il en lui cognant d’un poing puissant la joue gauche. » (Quatrième de couverture)

« À travers les tourments et les gestes de chaque membre de ce clan tricoté serré, Waubgeshig Rice, que l’on pourrait accuser de faire montre de déterminisme à certains endroits, met finement en lumière le déchirement des jeunes générations d’autochtones dont les parents ont été victimes des ravages de l’acculturation. Si quelques écarts de langage dérangent, comme si les dialogues venaient contaminer la narration, Le legs d’Eva s’avère un premier roman aussi émouvant que percutant. » (Manon Dumais, « Une amérindienne dans la ville » dans Le Devoir)

Originaire de la réserve Wasauksing, aux abords de la baie Georgienne, Waubgeshig Rice a très tôt développé une passion pour la culture et la littérature anishinaabe. Diplômé en journalisme de l’Université de Ryerson, il est aujourd’hui journaliste vidéo pour CBC News. Lauréat du Anishinabek Nation’s Debwewin Citation for Excellence in First Nation Storytelling, il a publié un premier recueil de nouvelles, Midnight Sweatlodge, en 2011. Legacy (2014) est son premier roman. (Quatrième de couverture)

Bonne lecture!

Lire l’article « Une Amérindienne dans la ville » du Devoir à propos du livre

Écouter l’émission radio Les matins d’ici d’Ici Première qui parle du roman