Nos missions

Qu’est-ce qu’une mission?

Une mission est d’abord un lieu d’insertion où des missionnaires, qu’ils soient laïques, religieux, religieuses ou prêtres, s’engagent auprès d’une communauté autochtone pour lui apporter présence et soutien et répondre à ses besoins autant matériels, humains que spirituels. Certaines existent depuis plusieurs décennies déjà. La mission est aussi et surtout une communauté de personnes, composées des membres de la communauté autochtone même, de responsables autochtones locaux et de missionnaires impliqués dans le milieu qui travaillent ensemble au bien-être de la population locale et qui l’accompagnent dans son cheminement humain et spirituel. Les missions sont enfin des paroisses proprement dites, installées dans des milieux autochtones, mais formées autant d’autochtones que de non-autochtones, membres de confession protestante ou catholique romaine, qui ont leur propre autonomie ou fonctionnement. Ces missions font partie d’un diocèse qui voit à ce que les différentes communautés sous sa tutelle obtiennent les services dont elles ont besoin et qui s’assure des liens entre elles.

Que sont les missions du Nord?

Les missions du Nord sont en fait des missions amérindiennes situées géographiquement dans les diocèses du Sud du Québec principalement, ou encore situées à l’extérieur du territoire des diocèses en question, mais dont ceux-ci ont la responsabilité. Par exemple, le diocèse de Joliette, dont le territoire frôle les berges du Saint-Laurent a la responsabilité de la mission Saint-Jean-de-Brébeuf, qui se trouve sur la réserve de Manawan. Cette réserve se situe dans la MRC de Matawinie, qui couvre la partie nord de la région de Lanaudière. Ou encore, le diocèse de Chicoutimi a sous sa responsabilité la mission de Wemotaci, située en fait à 115 km au nord de la ville de La Tuque (qui elle est située sur le territoire du diocèse de Trois-Rivières) et de celle d’Opitciwan, située au nord du réservoir Gouin. L’évêque responsable de ces missions est celui du diocèse du Sud en question.

Les missions du Nord appuyées par Mission chez nous sont situées principalement au Québec, souvent au nord des régions les plus peuplées, d’où leur appellation. Cependant, il est à noter que les missions du Nord ne se situent pas nécessairement dans le Grand Nord.

Les diocèses du Sud qui ont la responsabilités de missions du Nord sont les suivants: Amos, Baie-Comeau, Chicoutimi, Gaspé, Joliette, Mont-Laurier et Rouyn-Noranda.

Où sont-elle situées?

Carte des diocèses du Québec

La réalité des missions du Nord

Les missions du Nord désignent en fait les différentes communautés autochtones qui habitent pour la plupart dans les réserves du Québec. Ces réserves ont été formées, avec la Loi sur les Indiens, en grande partie dès le XIXe siècle jusqu’à la première moitié du XXe siècle par le gouvernement fédéral pour forcer leur assimilation, leur « civilisation » et leur sédentarisation alors que l’invasion de leurs territoires, la violations de leurs droits ancestraux et leur mécontentement ne cessaient de grandir. Depuis, plusieurs tentatives gouvernementales ont souhaité éliminer les obstacles qui semblaient empêcher les Indiens de participer pleinement à la prospérité du pays et à sa vie sociale, visant l’égalité et la liberté, et encouragé des politiques non discriminatoires à l’égard des Autochtones et l’abrogation des traités. Mais ces tentatives ont jusqu’alors échoué. Ainsi, la Loi sur les Indiens, essentiellement inchangée, demeure encore en vigueur aujourd’hui.

Ces communautés vivant sur les réserves varient en nombre et en elles peuvent regrouper moins de 300 résidants, comme à Middle Bay, sur la Basse-Côte-Nord, à plus de 3000 habitants, comme à Maniwaki, dans la Vallée de la Gatineau. Elles s’étendent sur un territoire aussi grand que le Québec, de la région de Lanaudière, au sud, jusqu’à Kuujjuaq, dans le nord du Nunavik, en passant par la Basse-Côte-Nord, aux frontières mêmes du Québec et du Labrador, et l’Abitibi-Témiscamingue à l’ouest. Parmi ces communautés, plusieurs vivent dans des conditions d’indigence, voire même de violence; certaines sont aussi très prometteuses ou florissantes. Les jeunes y sont souvent en majorité et désœuvrés. Plusieurs de ses communautés sont aux prises avec des problèmes de chômage élevé (jusqu’à 30%), de santé (le diabète est à l’état d’épidémie chez les Autochtones), d’alcool et de dépendance aux drogues, mais d’aucunes aussi se reprennent en main et prennent en charge les besoins de leurs propres communautés, aidées par leurs propres leaders qui tentent de redonner avec dynamisme et persévérance dignité et espoir aux leurs. Solidaires des peuples inuits et amérindiens, les initiatives missionnaires ont encouragé le dialogue, partagé leurs difficultés et travaillé à promouvoir la justice.

Les principales professions disponibles dans ces réserves sont celles de fonctionnaires municipaux ou encore celles qui sont liées aux domaines de l’éducation ou de la santé. Plusieurs autochtones ont encore un lien très étroit avec la nature et vivent encore passablement dans le bois, ou pratiquent la chasse et la pêche plusieurs mois par année.

On compte 11 nations autochtones au Québec, dont 10 amérindiennes et 1 inuite, ce qui représente une population totale de 87 251 personnes, selon le recensement de 2007. On y parle des langues différentes: l’innu-aimen, l’attikamekw, le micmac, l’algonquin, etc. ainsi que l’anglais et le français. La même communauté peut utiliser à la fois sa propre langue et une des deux langues officielles. Enfin, beaucoup d’autochtones vivent hors des réserves ou dans les centres urbains. En 2006, 54% des Autochtones du Canada vivaient dans une région urbaine (y compris les grandes villes ou régions métropolitaines et les plus petits centres urbains).

Les diocèses du Grand Nord

Que sont les diocèses du Grand Nord?

Les diocèses du Grand Nord sont en fait les diocèses autonomes du Grand Nord canadien. Ces diocèses ont leur évêque propre. Celui-ci a la charge des différentes communautés autochtones du territoire de son diocèse, qui forment autant de missions amérindiennes différentes. Les missionnaires se joignent aux effectifs du diocèse et travaillent dans ces missions, qui, vu le vaste territoire du Grand Nord qui couvre presque les deux tiers du Canada, se situent souvent à des dizaines, voire à des centaines de kilomètres les unes des autres.

Les diocèses du Grand Nord sont les suivants: Churchill-Baie-d’Hudson, Grouard-McLennan, Keewatin-Le Pas, MacKenzie-Fort-Smith, Moosonnee et Whitehorse

Où sont-elle situées?

Carte des diocèses du Québec

La réalité des diocèses du Grand Nord

Depuis plusieurs décennies, la « civilisation » a déstabilisé les populations du Grand Nord, faisant voler en éclat leurs habitudes de vie, leur culture, leur identité et leurs croyances ancestrales: une vraie catastrophe nationale. Solidaire des peuples inuits et amérindiens, les initiatives missionnaires ont maintenu le dialogue, partagé leurs difficultés et fait des appels à la justice. Jusqu’au début des années 1990, ces diocèses, considérés comme « territoires de mission », étaient confiés aux Oblats de Marie-Immaculée, sous la responsabilité de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Par la suite, ils sont passés sous celle de l’Église catholique du Canada, au même titre que tous les autres diocèses.

Populations composites et immensité du territoire constituent les traits distinctifs de ces diocèses. Le nombre de petites communautés y surpasse celui des grandes villes comme Whitehorse, Yellowknife, Le Pas, Thompson et Wabush. Elles sont dispersées comme des îlots sur un océan blanc. Au total, on y retrouve une population d’un peu plus de 400 000 personnes, dont près de 144 000 catholiques, sur un territoire qui couvre les deux tiers du Canada.

Le plus grand de ces diocèses, Churchill-Baie-d’Hudson, s’étend sur une superficie de 2,3 millions de km2, le plus grand au Canada. Au total, 33 590 habitants s’y retrouvent, dont 20 000 Inuits et seulement 8 900 catholiques. L’immensité du territoire rend nécessaire un nombre inimaginable d’églises, de chapelles et de salles communautaires. Alors que les Églises du Sud se regroupent pour réduire leurs dépenses, celles du Nord vivent une tout autre réalité. Il leur est impossible de se regrouper lorsque 75, 100 ou 200 kilomètres séparent les communautés et que n’existent pas de routes pour les relier. Le coût d’un billet d’avion approche 2000 $, même prix que le trajet Montréal-Tokyo! On comprend que les visites aux petites communautés soient très onéreuses.

Aussi, le Grand Nord n’est surtout pas la Floride; il faut chauffer les bâtiments neuf mois par année. À titre d’exemple, le coût du chauffage et de l’éclairage, pour une chapelle de 60 personnes, peut s’élever jusqu’à 6000$ par année.