Témoignages de missionnaires

Lorsque j’entre dans les églises du Sud, en contraste avec celles du diocèse de Churchill-Baie-d’Hudson (Territoires du Nord-Ouest), je suis toujours surprise d’y trouver si peu d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes. À Arviat, où j’œuvre en tant qu’agente de pastorale, il y a plus d’enfants et de jeunes à l’église qu’il y a d’adultes ou d’anciens. Cela n’est pas un problème, me direz-vous, mais bien une bénédiction. Soit! Mais notre situation représente tout de même un grand défi pastoral.

Cela n’est pas un secret, le personnel de l’Église du Nord, comme à maints endroits, se fait vieillissant. Dans certaines de nos paroisses, nous avons des catéchistes inuits, qui ont été recrutés il y a 15 ou 20 ans. Ils sont restés fidèles à leur engagement pastoral pendant toutes ces années, prenant la relève lorsqu’un prêtre ne pouvait assurer les célébrations. Ces couples ont vieilli avec le personnel diocésain alors que la population inuite en général est de plus en plus jeune. Je dis cela sans manque de respect; je fais moi-même partie de ce groupe qui vieillit… Mon inquiétude pourtant reste bien réelle. Si le personnel est vieillissant, les fidèles, eux, sont en grande majorité moins de 30 ans. Je me sens interpellée par cette réalité qui s’installe dans nos milieux. […] Victimes de la drogue, de l’alcool, de violence familiale, d’abus sexuels, ils viennent à l’église, souvent déchirés entre leur désir de suivre le Christ et leur situation accablante. […] Ils se sentent piégés dans un petit visage isolé où l’aide professionnelle ne court pas les rues.

Lynne S. Rollin, Arviat

Parce que nous sommes enfants de Dieu, nous croyons que nous sommes (aborigènes, francophones et anglophones) des frères et des sœurs en Jésus Christ. Nous avons été revêtus de responsabilités les uns envers les autres. Nous sommes particulièrement appelés par le Christ à vivre en solidarité avec ceux et celles qui ont été blessés à cause de la dignité au travail, mise en oubli, et avec ceux et celles qui vivent dans la pauvreté à cause de nouvelles structures sociales. L’écart croissant entre riches et pauvres est un obstacle à la solidarité humaine.

Il est évident que nos gens souffrent des blessures de l’injustice dans nos communautés. Nous vivons les effets de la dévastation là où, autrefois, abondait la morue. Nous percevons chez nos gens une souffrance qui se continue à cause du manque d’emploi. Cette tragédie humaine est souvent le résultat de certaines décisions. […] Contrairement à la sagesse de notre monde économique, l’enseignement constant de l’Église doit nous convaincre que le profit et la croissance économique ne sont pas prioritaires. Nous croyons que ce sont les personnes d’abord qui comptent. Je revois cette jeune maman, une ancienne travailleuse à la poissonnerie d’un village métis, sacrifiant son souper afin que sa fille puisse manger.

Mgr Douglas Crosby, o.m.i, Schefferville