Exclusif : récit de voyage 2015 chez les Algonquins (partie 2)

À la demande générale, nous avons accéléré la publication des parties de ce récit… Merci de votre intérêt!

Nous vous présentons ici, en exclusivité, le récit de voyage tout récent que nous ont transmis deux prêtres du diocèse de Saint-Jérôme de passage chez des Algonquins en Abitibi les 23, 24, 25 et 26 septembre 2015. Deuxième de trois parties.

Pikogan (24 septembre 2015)
Population : 553 résidants

Nous nous rendons dans l’église de Pikogan qui est faite comme un tipi. À l’intérieur, tout transpire la culture autochtone algonquine : autel, tabernacle, chemin de la croix, etc. sont confectionnés avec des peaux d’orignaux, du bois d’épinette; une magnifique petite église appartenant au Conseil de bande.

Nous y rencontrons deux femmes Image017_18algonquines qui nous entretiendront sur leur spiritualité autochtone. La rencontre est provoquée par la responsable de la pastorale du diocèse d’Amos et sa nouvelle adjointe qui veulent toutes les deux se sensibiliser à la réalité autochtone. Des deux femmes autochtones, l’une est responsable de la communauté chrétienne de Pikogan et l’autre professeure en langue algonquine à l’Université du Québec dans la région.  Nous apprenons qu’après le départ du prêtre de la réserve, des pentecôtistes coréens de Montréal ont « envahi » la place. Ils viennent en grand nombre durant un mois à l’été pour évangéliser les Algonquins.

De notre rencontre à Pikogan, en compagnie des animatrices en pastorale et de sœur Renelle, nous retenons un fort sentiment de désarroi : pauvreté et manque de ressources surtout humaines et pastorales; une impression d’isolement et de solitude. Sentiment ressenti depuis le départ de « Ti-Père », cet oblat qui a vécu pauvrement parmi eux pendant 35 ans et qui était considéré comme l’âme de la communauté. Le départ de ce missionnaire exemplaire a été la fin de la communauté chrétienne de Pikogan. Après son départ, ce sont les pentecôtistes qui ont pris la place. Ce manque de présence du prêtre au service de la communauté se traduit par un manque de soutien et de mobilisation pastorale. Cette situation nous a beaucoup interpellés : pas tellement besoin d’argent que de ressources pastorales.

La rencontre a été très agréable. Les personnes présentes ont eu l’occasion de poser plusieurs questions auxquelles ont répondu les deux femmes algonquines invitées ainsi que sœur Renelle. À la fin de la rencontre, Jean-Pierre a posé la question suivante aux deux femmes autochtones : « Que pourrions-nous faire et qu’est-ce qui serait important pour les Algonquins et Algonquines, selon vous? » Spontanément, elles ont répondu qu’il serait très utile que des prêtres, accompagnés d’autres personnes, puissent venir passer deux semaines ou un mois dans la communauté autochtone durant l’été pour « faire la mission » un peu comme les premiers missionnaires. Il pourrait y avoir de la catéchèse, la célébration de certains sacrements : baptême, eucharistie, pardon, etc. et d’autres activités évangéliques.

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Après la rencontre, nous sommes revenus enchantés de cette belle soirée. Nous avons partagé en chemin nos impressions et discuté de ce projet de « faire mission » avec les Algonquins durant une période de temps durant l’été. Après une heure de route, nous arrivons au presbytère du Lac Simon vers minuit. Nous passons une bonne nuit de sommeil.

Le lendemain matin, nous déjeunons ensemble. Tout en mangeant, sœur Renelle nous met au courant d’une situation très triste : la langue algonquine ne se parle que par les aînés et aînées. Les jeunes ne parlent plus la langue algonquine. Donc, ça devient très difficile pour les jeunes et les aînés et aînées de se parler et de se comprendre. C’est une situation très pénible.

Nous nous préparons à aller passer la journée dans la communauté algonquine du Grand-Lac-Victoria ou Kitcisakik. Nous apportons notre dîner. Nous prenons la route 117 et descendons dans le parc à 35 minutes de la réserve du lac Simon. Nous laissons la route principale (117) pour emprunter une route de gravier pendant 6 km nous permettant d’arriver au lac Dozois, lieu où habite en permanence la communauté de Kitcisakik, puis nous avons continué dans la forêt jusqu’au Grand Lac Victoria, lieu traditionnel de rassemblement habité seulement en été.

Michel Forget et Jean-Pierre Joly, prêtres
Diocèse de Saint-Jérôme, le 6 octobre 2015

À suivre dans le prochain billet.

Prochaine partie : Kitcisakik (25 septembre 2015)

1 Comment

  1. J’ai hâte de lire la suite. Nous n’avons pas beaucoup de prêtres mais peut-être y en a-t-il qui pourraient les aider. Je vais prier pour cette intention. Merci de nous partager…

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