Le cercle de vie

Comme nous l’annoncions dans un billet précédent, le vendredi 17 avril dernier avait lieu à Saint-Janvier une soirée-bénéfice au profit de Mission chez nous organisée par le comité diocésain de pastorale missionnaire du diocèse de Saint-Jérôme.

Comme le mentionne le compte rendu de cette activité qui fut bien appréciée, au début de la rencontre­, «il y eut d’abord une activité pastorale qui prit la forme d’une purification à la façon autochtone. La sauge, végétal de purification par excellence, a encensé l’assemblée. Pendant que les effluves de la sauge montaient vers le Très-Haut, la spiritualité autochtone a été présentée à l’aide du cercle sacré. Ce cercle est divisé ou plutôt constitué en quatre quadrants, chacun présentant un point cardinal, une direction. Viennent également les éléments végétaux et animaux. À tour de rôle, chaque quadrant fut révélé à l’assistance par quatre personnes qui ont lu à chacun leur tour, la description des composantes du quadrant présenté.»

 Le tableau suivant rend compte de la signification de chaque partie du cercle, comme il a été présenté lors de la réflexion :

3e quadrant

L’élément : l’air
La direction : le Nord
Les humains de peau blanche
Les minéraux

4e quadrant

L’élément : la Terre
La direction : l’Est
Les humains de peau jaune
Les végétaux

1er quadrant

L’élément : l’eau
La direction : l’Ouest
Les humains de peau noire
La Lune, la nuit et les étoiles

2e quadrant

L’éléments : le feu
La direction : le Sud
Les humains de peau rouge
Les animaux et le Soleil

Tous ces éléments illustrent l’importance de la vision circulaire dans la spiritualité autochtone. Par exemple, «dans la vision du monde tsagali (cherokee), toutes les choses sont reliées entre elles et ne font qu’un dans le cercle de la vie. Le cercle, le mandala, la roue-médecine – des miroirs de l’esprit.» (Dhyani Ywahoo, Sagesse amérindienne. Traditions et enseignements des Indiens Cherokee)

Aussi, selon Jean Proulx, philosophe qui s’est intéressé de près à la spiritualité autochtone, «le Cercle sacré de la Terre est divisé en quatre quartiers. Ce sont les quatre points cardinaux de la planète, archétype importants de la voie spirituelle amérindienne : le nord, le sud, l’est et l’ouest. Chacun représente un “esprit primordial”, apparaissant, avec sa puissance spirituelle distinctive, comme un messager du Grand Esprit. Ce sont, en somme, les esprits des quatre directions, chacun d’eux étant porteur d’une qualité spécifique de l’énergie et de la conscience du Grand Mystère. […]

Certes, les interprétations de ces quatre quartiers (ou de ces quatre directions) peuvent varier quelque peu, mais toujours elles rappelle que chacun est invité à participer à ces formes diverses de puissances spirituelles et de conscience. Tous doivent aussi se rappeler que ces esprits sacrés des quatre directions ne sont finalement qu’un seul, celui du Grand Esprit, et qu’ils doivent être accueillis conjointement par celui qui souhaite vivre pleinement dans l’harmonie et se situer au centre du Cercle sacré de sa propre vie.» (Jean Proulx et Jacques Languirand, L’héritage spirituel amérindien, Le Jour, 2009, p. 59)

À la suite de cet enseignement, l’assemblée a donc repris cette prière avec ferveur :

PERMETS QUE JE CHEMINE DANS LA BEAUTÉ

Grand Esprit d’amour,
Viens à moi avec la puissance du Nord.
Donne-moi le courage d’affronter les vents froids<
De la vie lorsqu’ils s’abattent sur moi.

Esprit qui se lève à l’Est,
Viens à moi avec la puissance du soleil levant.
Permets que la lumière soit sur la voie
Que j’ai empruntée.

Grand Esprit de la création,
Envoie-moi la chaleur apaisante des vents du Sud.
Réconforte-moi et caresse-moi
Lorsque je suis las et glacé.
Étreins-moi comme tes douces brises
Étreignent les feuilles sur les arbres.

Grand Esprit qui donne la vie,
Je me tiens face à l’Ouest,
Dans la direction du soleil couchant.
Permets que je me rappelle chaque jour
Qu’un moment viendra où mon soleil se couchera.

Grand Esprit des cieux, élève-moi jusqu’à toi.

Bref, comme nous pouvons le lire dans le compte rendu de l’activité, «cette cérémonie du cercle sacré nous a permis de comprendre que la spiritualité autochtone ne vient pas en opposition avec les valeurs du christianisme, mais bel et bien en osmose».

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