Le sentier Notre-Dame Kapatakan : que signifie cette appellation à consonance autochtone?

Carte exposant l’ensemble du Sentier Notre-Dame Kapatakan. Photo : Pascal Huot
Carte exposant l’ensemble du Sentier Notre-Dame Kapatakan. Photo : Pascal Huot

Le sentier Notre-Dame Kapatakan est considéré comme le petit Compostelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un parcours de marche de 215 km entraîne le pèlerin de la statue de Notre-Dame-du Saguenay, sur les hauteurs du cap Trinité à Rivière-Éternité, à la statue de Notre-Dame-de-Lourdes, dans la grotte du sanctuaire de l’Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette. À travers villes et villages, le randonneur découvre autant des aspects spirituel, naturel et culturel de la région. Mais quelle est la signification de Kapatakan? Et pourquoi avoir choisi ce mot à résonance autochtone?

Signalisation le long du sentier. Photo : Pascal Huot

Questionné à ce sujet par Mission chez nous, Guy Thibeault, membre du conseil d’administration du SNDK, explique ainsi l’origine et le choix du nom : « Ce nom, Sentier Notre-Dame Kapatakan (SNDK), emprunte à deux traits culturels fortement ancrés dans la région. Si « Notre-Dame » évoque les racines catholiques de nos ancêtres et leur dévotion envers cette mère protectrice, pour sa part, « Kapatakan », traduction en langue innue de « sentier », rappelle la présence autochtone passée et actuelle sur le territoire régional. Au fil du temps, ce terme innu s’est imposé dans la langue d’usage, et on entend régulièrement les gens parler simplement du « Kapatakan » pour évoquer la présence du sentier dans la région. »

M. Thibeault souligne que le sentier « a été mis en place grâce à deux dames de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean : mesdames Florence Masson et Sylvie Cimon Beaudet, qui ont travaillé d’arrache-pied et multiplié les efforts pendant plus de cinq ans. En 2003, madame Cimon avait marché le chemin de Compostelle d’environ 1500 km et elle désirait souligner le grand bien que ça lui avait apporté dans plusieurs sphères de sa vie personnelle, tandis que madame Masson est passionnée de l’histoire de la région, ce qui inspire les trois volets au cœur de ce sentier : nature, culture et spiritualité ».

Vue panoramique au sommet du sentier de la Statue Notre-Dame-du-Saguenay, lors de la première journée de marche. Photo : Pascal Huot

Pour aller plus loin 

À la découverte du Kapatakan, Production les Ampoules aux Pieds, documentaire (En ligne) : https://www.youtube.com/watch?v=ug5KTT1n8C0

Sentier Notre-Dame-Kapatakan, site Internet [En ligne : https://www.sentiernotredamekapatakan.org/]

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Pascal Huot est chercheur indépendant. Diplômé en études autochtones, il a également effectué une maîtrise en ethnologie, à l’Université Laval. Celle-ci a fait l’objet d’une publication intitulée Tourisme culturel sur les traces de Pierre Perrault, Étude ethnologique à l’Île aux Coudres. Ses résultats de recherche ont paru dans divers journaux, magazines et revues. En 2016, il a fait paraître Ethnologue de terrain aux Éditions Charlevoix.

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