L’été des indiens (2)

Vous pouvez lire la première partie de cet article publiée le 15 octobre 2015 ici.

Sur le plan météorologique

« Ce phénomène est dû à la position des creux et des crêtes de pression en altitude. En fait, nous sommes, au moment de cette période de doux temps, sous l’influence d’un flux d’air du sud-ouest qui transporte vers nos régions, la chaleur et l’humidité des États du sud américain. La situation météo de l’été des Indiens se présente lorsqu’un anticyclone s’installe sur l’est des États-Unis et provoque une circulation du sud qui persiste quelques jours.

« En d’autres mots, la source du phénomène vient essentiellement de zones stagnantes de haute pression qui se déplacent très lentement. Souvent, ce sont des anticyclones subtropicaux qui s’accompagnent généralement d’inversions de température maintenues par l’air subsident. Ceci sont les conditions idéales pour les caractéristiques de l’été des Indiens: ciel dégagé, vents légers, journées chaudes et brumeuses, nuits froides.

« On parle de brume ou brouillard matinal et on peut expliquer pourquoi. Puisque l’air chaud nous vient du Golfe du Mexique, il est humide. Les nuits étant fraîches, la condensation se produit au sol.

« On parle de gel essentiel avant la période de temps doux, pour pouvoir discerner l’été des Indiens du véritable été qui vient de se terminer. »

D’autres pays, d’autres noms d’étés…

« Dans plusieurs pays d’Europe, on retrouve des périodes analogues à l’été des Indiens (c’est-à-dire ayant à peu près les mêmes critères). Ces périodes portent toutes des noms faisant allusion à un élément culturel, religieux ou folklorique.

• Dans la vallée du Saint-Laurent, on parle donc de l’été des Indiens ou de l’été des Sauvages.

• En France et dans les pays d’Europe occidentale en général, on parle aussi de l’été de la Saint-Denis (9 octobre), été de la Saint-Géraud (13 octobre) ou été de la Saint-Martin (11 novembre).

• Une légende suédoise parle de l’été de la Toussaint qui se produit à la fin octobre ou au début novembre et qui est du temps chaud et ensoleillé, accompagné de brume sèche.

• En Angleterre, en plus d’avoir adopté l’expression américaine, on appelle aussi été de la Saint-Luc (18 octobre), une période de temps beau et calme.

• En Allemagne, on le nomme l’été de l’aïeule.

• Finalement, en Europe centrale, on parle du old wives’ summer (été des bonnes femmes) qui se produit vers la fin septembre. »

Données statistiques

« À Montréal et à Québec, l’été des Indiens se produit le plus souvent autour du 10 octobre, avec une occurrence plus probable, pour Montréal, les 7, 15 et 16 octobre. Comparativement, pour la ville de Québec, les périodes les plus fréquentes sont du 6-8, 11-12 et 14-16 octobre.

« Le plus tardif fut celui de 1953 qui a eu lieu du 18 au 20 novembre. (Les autres tardifs furent du 3 au 8 novembre 1938 et du 1 au 4 novembre 1944.) Cet été supplémentaire dure habituellement 4 jours et se produit le plus souvent entre le 6 et le 16 octobre.

« Il n’y a qu’environ 27 % de l’ensemble des étés des Indiens qui ont duré 5 jours et plus; et ce, autant à Montréal qu’à Québec. Ça prouve que le phénomène porte sur une vaste étendue géographique.

« Environ 40 % des années, à Montréal, ont droit à un été des Indiens. (Pour Québec, c’est 50 %).

« Environ 25 % des années, à Montréal, profitent de 2 étés des Indiens. (À Québec, c’est une année sur 7).

« Environ 4 % des années sont chanceuses: elles bénéficient de 3 ou plus étés des Indiens.

« DONC, on constate qu’il n’est pas certain qu’une année donnée profite d’un été des Indiens, mais ce qu’on sait, c’est que ce phénomène est plus qu’une légende: c’est une réalité climatique. »

L’été des Indiens ne fait pas toujours des heureux…

« Dans les concentrations urbaines, les conditions météo créant un été des Indiens forment une véritable barrière invisible. En effet, l’absence de vents et l’inversion des températures empêchent la dispersion atmosphérique des polluants. La pollution atteint donc souvent son maximum en octobre.

« Par exemple, entre le 25 et le 31 octobre 1948 en Pennsylvanie, il s’est créé un smog dense et persistant. Ainsi, le temps brumeux attribué autrefois aux feux des Indiens est aujourd’hui causé par l’accumulation des poussières et des polluants confinés dans la basse atmosphère.

« Autre conséquence fâcheuse de cette période de temps doux et sans vents est la menace de feux de forêts qui est augmentée par le fait que le sol est asséché par la chaleur de l’été et recouvert par les feuilles d’automne, elles aussi très sèches. »

Sources : Site Web La météo au quotidien [ www.meteo.org ] de la météorologue Ève Christian

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