Message de la communauté de Kuujjuaq

Scrabble au presbytère
Robert Larouche et Judith Elliot accueillent deux résidants de Kuujjuaq
au presbytère de la Mission catholique.

Nous avons été envoyés à Kuujjuaq par Mgr. Lemay à la mi-janvier 2013 pour animer la communauté catholique d’ici. Cette communauté est très petite : une vingtaine de membres réguliers, dont cinq enfants, qui se retrouvent pour une célébration de la Parole hebdomadaire. Ils sont venus, comme la plupart des gens du Sud, pour travailler mais pas forcément pour demeurer. Ils viennent à la Mission Catholique pour nourrir leur foi, créer des amitiés dans un village où ils sont un peu étrangers. Peut-être aussi pour trouver du sens.

Les Inuits pour leur part, composent 80 % du village; ils sont un peuple d’une grande foi, qui aime se rassembler pour célébrer dans leur Église, qui est anglicane. Il porte aussi une grande souffrance, comme peuple : l’alcoolisme, le suicide et la violence en sont les symptômes. Cette souffrance a des sources historiques qui remontent au colonialisme et pour certains, à l’expérience des résidences confessionnelles. La souffrance est aussi liée à la réalité culturelle nouvelle : ce peuple nomade de tradition est maintenant, par nécessité, sédentarisé. Il en est profondément désorienté.

Monseigneur Lemay nous a demandé, à nous le petit groupe de catholiques de Kuujjuaq, de chercher à être, au milieu des Inuits, « une communauté de partage de la Parole, une communauté de guérison (par rapport aux blessures de l’histoire) et une communauté de solidarité et de compassion avec eux dans leur quête identitaire, sociale et économique ». Nous nous sentons tout petits par rapports à ces objectifs. Et de plus en plus.

En effet, il nous semble de plus en plus que seul Dieu peut nous montrer comment notre présence peut servir de pont entre nos deux peuples, nos deux Églises, nos deux cultures.

Dans le quotidien, notre nourriture c’est le partage de la Parole à laquelle nous invitons quiconque à se joindre à nous, à 17 h 30, dans notre petite Église. Notre nourriture, c’est aussi de visiter régulièrement les personnes plus seules, en particulier celles qui demeurent dans un foyer de personnes âgées. Ils sont en train de devenir nos amis. Notre nourriture c’est aussi de nous joindre à la communauté anglicane et de prier avec eux chaque semaine.

Bien sûr, pour créer un lien, il faut connaître la langue inuktitut. Et c’est une langue difficile à apprendre. Mais nous sommes déterminés à l’apprendre. Le père Dion, prêtre de la paroisse voisine depuis plus de 50 ans!, la possède parfaitement et il nous encourage. Monseigneur Lemay, lors de sa récente visite, nous a encouragés à prendre le temps. « Soyez présents, sans chercher les résultats nous a-t-il dit. Allez rejoindre les gens là où ils sont—même au bar! Soyez visibles et ouverts à tous. »

Voilà un peu notre chemin pour l’instant. C’est de l’ordre d’une semence. Ce matin nous lisions Saint Paul dont la Parole nous a touchés. Il disait : « Le royaume de Dieu […] est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. […] Recherchons donc ce qui contribue à la paix et ce qui nous associe les uns aux autres en vue de la même construction. » (Rm 14, 17-19) Cette parole nous a particulièrement rejoints, Judith et moi, comme un guide et une source pour nous aujourd’hui.

Judith et Robert

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