Pâques, c’est se tenir debout

Pâques est l’occasion d’entrer de plein pied dans le grand mystère de la vie et de célébrer sa beauté et sa force. Elle est aussi un appel à libérer nos forces vives, à donner place à nos élans d’insurrection contre ce qui va à l’encontre de l’éclosion de la vie dans nos sociétés. Elle est une invitation à nous mettre debout et à marcher ensemble sur les sentiers de la solidarité.

D’ailleurs, nous portons à votre attention un extrait de l’article « Pâques, c’est se tenir debout » de Jean-Claude Ravest, rédacteur en chef de la revue Relations, paru l’année dernière dans Le Devoir, à l’occasion de Pâques, le 4 avril 2015. Un texte toujours d’actualité, toujours pertinent…

Parce que Pâques est l’occasion de porter attention au souffle qui nous anime, pourquoi ne pas puiser encore dans le trésor spirituel du christianisme, comme à un don offert à l’humanité en travail d’enfantement ?

« Christ est ressuscité ! » a été le puissant mot d’ordre autour duquel les premières communautés chrétiennes se sont constituées — « ressusciter » signifiant en grec « se mettre debout », se lever. L’Évangile de Matthieu souligne sa signification subversive : le Ressuscité, c’est le Crucifié (Matthieu 28, 5). Comme un séditieux, un insurgé, qui ébranle les assises sociales, politiques et religieuses, Jésus a été cloué sur une croix après avoir été torturé, humilié, pour bien faire sentir qui étaient les maîtres et ce qu’il en coûtait de ne pas se soumettre. Il s’est tenu debout dans la répression, acceptant de donner sa vie pour le règne de la justice et du partage. Sa résurrection par Dieu ne pouvait être, pour ceux et celles qui le suivaient, qu’une nouvelle bouleversante, inouïe. L’abandonné de Dieu, marqué officiellement du sceau de l’infamie, de la damnation, se levait d’entre les morts en tant que fils bien-aimé de Dieu.

Le récit de la résurrection a circulé parmi les réprouvés, tapis dans la clandestinité. Il leur insuffla le courage de sortir de l’ombre. Jésus n’était pas mort en vain et sa bonne nouvelle aux pauvres devenait la parole même de Dieu. En célébrant sa résurrection, la communauté nouvelle était consciente de porter une nouveauté insensée. Véritable séisme social ! Dieu n’est plus du côté des maîtres, mais du côté des petits, des exclus. Dieu s’identifie aux opprimés, aux victimes de l’injustice et du mal. Et les hommes et les femmes qui y sont fidèles ne peuvent faire autrement que de le suivre en marchant aux côtés des laissés-pour-compte, des dépouillés d’humanité — car ils se savent, comme Jésus, solidaires des crucifiés de l’histoire. Ce récit de libération, né de Pâques, n’a cessé de se dire, de s’écrire, d’époque en époque, suscitant persévérance et courage dans l’épreuve et dans la lutte. Il a été un vibrant appel à l’insurrection des pauvres, des écrasés, des humiliés de la terre, de ceux et celles à qui était déniée une existence humaine digne, subissant une forme ou une autre d’oppression sociale, politique ou religieuse.

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Joyeuses Pâques à tous et toutes! Et un printemps rempli de promesses de vie.

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