Puamuna, le disque de rêve

Au printemps 2015 est sorti le CD Puamuna de Florent Vollant, quatrième album solo de l’artiste, paru sous l’étiquette Instinct Musique et entièrement créé au studio Makusham à Maliotenam. Nous reprenons ici en entier le commentaire enthousiaste qu’en fait Ariane Cipriani sur le site d’Ici Radio-Canada Musique. On ne peut en rendre compte de meilleure façon :

« Puamuna. Rêve, en innu. Avec ce disque qu’il désirait faire depuis toujours, Florent Vollant nous apporte, on s’en doute, du beau, de l’authentique. Et la suave danse de l’espoir.

Il s’est écoulé six ans depuis le dernier album, Eku Mamu. Son bonheur à faire de la musique est le même. Le nôtre, c’est de retrouver ce digne porte-voix (et porte-rêves) des autochtones, sa guitare si précise, ses rythmiques invitantes et la douceur de sa voix, de son chant apaisant.

Spiritualité et vitalité marchent d’un même pas avec Tshekuannu. Puis vient la fierté, tranquille mais affirmée, d’Innu Eeyou, une énumération des noms du clan innu. Son of the Earth rend hommage à Willie Dunn, musicien, politicien et cinéaste disparu en 2013. L’ami Richard Séguin signe l’holistique Tout est lié (« J’ai la mémoire à vif, je porte dans ma voix, la plainte des rivières, celles des caribous »). Philippe McKensie, pionnier de la musique moderne innue, offre la joyeuse chanson de résilience Ekun Pua. Autre collaboration : la lente et délicate Apu Peikussian avec Pascale Picard.

Cette persistance de nous interpeller dans sa langue a du mérite. Un cadeau pour ceux qui parlent innu, mais aussi pour ceux qui ne le parlent pas. Après tout, c’est la beauté de la musique : on comprend la tendresse de ce chant innu, comme on comprend la douleur du fado. Avec cet album, Florent Vollant nous dit sagement que l’autre est nôtre : nous sommes tous humains, sur une même planète, dans une même province, un même territoire.

Un territoire qu’il connaît bien. Né au Labrador, Forent Vollant a toutefois grandi à Maliotenam, à l’est de Sept-Îles, où il a subi les pensionnats autochtones pendant sept ans. Il a ensuite retrouvé ses racines et ses appartenances. En 1989, le succès sans précédent de Kashtin l’amène à parcourir, avec Claude McKenzie, le Québec et le Canada au complet. Le duo ira même charmer l’Europe, les États-Unis et l’Amérique du Sud.

Florent Vollant aurait eu toutes les raisons d’avoir le verbe accusateur, mais il n’en est rien. Au contraire, sa tendresse est désarmante. Rappelez-vous cet émouvant disque de Noël de 2005. Il a la conscience du tout petit comme du plus grand, du temps compté des mortels.

Puamuna, enregistré dans son studio de Maliotenam, a été conçu avec le « poésicien » et réalisateur Réjean Bouchard (collaborateur de Chloé Sainte-Marie), et avec Kim Fontaine. Deux fabuleux guitaristes. L’album au complet porte cette « intention d’unité », chantée dans Tshekuannu. On se joint au cercle volontiers, mains et cœurs ouverts. Car après l’écoute de ce disque, on se sent plus humain et harmonisé. L’autre étant nôtre. »

Écouter les extraits du CD Puamuna de Florent Vollant (Instinct Musique, 2015)

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